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found frames / lost hopes

“Il leur restait donc le présent, l’esprit du siècle, ange du crépuscule, qui n’est ni la nuit ni le jour ; ils le trouvèrent assis sur un sac de chaux plein d’ossements, serré dans le manteau des égoïstes, et grelottant d’un froid terrible. L’angoisse de la mort leur entra dans l’âme à la vue de ce spectre moitié momie et moitié fœtus ; ils s’en approchèrent comme le voyageur à qui l’on montre à Strasbourg la fille d’un vieux comte de Sarverden, embaumée dans sa parure de fiancée. Ce squelette enfantin fait frémir, car ses mains fluettes et livides portent l’anneau des épousées, et sa tête tombe en poussière au milieu des fleurs d’oranger.”

un conseil

(et surtout, quand tu sais pas ce que tu veux faire, fais poser 20 mètres de rails, ça fait gagner du temps)

“L’amour fou, la révolution, prônaient les surréalistes. Mais les temps ont changé, les illusions ont été douchées, on croit moins naïvement à l’amour fou et à la révolution”

– FRD sur JCM ici

"Si nous créons, c’est en dormant. Pour jouir de la vie, il faut être éveillé, participer. Si nous étions lucides, instantanément, l’horreur de ce qui nous entoure nous laisserait stupides. On ne saurait être parfaitement lucide et déambuler dans les rues de nos cités modernes sans en être affecté de façon ou d’autre. Ce qui ne signifie pas que nous devrions avoir envie de les reconstruire, nos cités, de les faire un peu moins laides – mais de les planter là, de filer pour ne plus revenir, oui. De tout flanquer en l’air, de plaquer le boulot, d’envoyer paître les obligations, le percepteur, les lois et tout ce qui s’ensuit. Un être humain parfaitement éveillé, croyez vous qu’il se conduirait en cinglé comme c’est le cas, comme on le lui demande, à chaque instant de la journée ? Il n’y a pas une classe de la société qui n’ait son inquiétude, ses misères, son malheur, son insatisfaction. Les riches sont logés à la même enseigne que les autres, si contraires que soient les apparences. Que nous soyons en haut de l’échelle, en bas ou au milieu, nous sommes tous victimes, esclaves de notre mode de vie. « Ce qu’il faut, c’est vivre à part et oublier », a dit D.H. Lawrence je ne sais où. Il en a tâté et ce fut un fiasco.


On ne peut vivre à part. Tout ce qu’il y a de laid, de mauvais dans le dessin de la façade, n’est que le reflet du dessin intérieur - lequel est un mode, une condition de vie, qui imprègne l’ensemble ; Je ne parle ici que de notre mode de vie occidental, que de ce monde moderne qui exproprie les autres. Il est encore des lieux, en ce monde, où règne un ordre de vie entièrement différent ; mais ils ne sont pas pour nous. Malgré toutes nos machines à communiquer avec les autres, nous restons imperméables à ce mode étranger d’existence. Les peuples, comme les individus, ont leurs destinées singulières. On nous dit, on nous apprend que des peuples lointains ont telles mœurs et coutumes, mais nous restons incapables de modifier notre vie à la lumière de ces connaissances. Nous suivons notre rythme et nos voies particulières ; et même la connaissance qu’il y a peut-être d’autres modes meilleurs n’affecte en rien notre conduite. De temps à autre, un individu rompt les amarres, change de vie, mais il n’est que l’exception qui prouve la règle. La personnalité puissante est celle qui secoue les chaînes de tous les modes formulés d’existence et invente le sien propre.”


Henry Valentine Miller (1891-1980)

Le monde du sexe

“Les débuts de dada n’étaient pas les débuts d’un art mais ceux d’un dégoût.”